Virements : peu de français le savent mais il est strictement interdit de faire des virements entre vos comptes, les comptes concernés

Depuis quelques années, les règles sur les virements entre comptes d’épargne ont été considérablement renforcées. Beaucoup de personnes découvrent aujourd’hui qu’il n’est plus aussi simple de transférer des fonds entre deux livrets, même si ces derniers leur appartiennent. Cette évolution fait suite à la volonté des banques françaises d’augmenter la sécurité des virements et de mieux protéger les clients face au risque de fraude, notamment sous l’impulsion de la directive européenne DSP2. Désormais, plusieurs opérations autrefois courantes sont devenues interdites ou strictement encadrées. Voici concrètement ce qui change pour la gestion de vos comptes épargne.

Interdiction des virements directs entre livrets d’épargne

L’un des changements majeurs concerne l’interdiction des virements directs entre deux comptes épargne, même s’ils sont détenus par le même titulaire. Il était auparavant possible de déplacer facilement ses économies d’un livret A vers un LDDS ou un LEP sans contrainte particulière, ce qui facilitait l’optimisation de son épargne à court terme.

Compte de départCompte d’arrivéeVirement
ponctuel
Virement
permanent
Compte courantLivretouioui
LivretCompte courantouinon
LivretLivretnonnon
NB : les virements autorisés le sont uniquement si les deux comptes ont le même titulaire.

Aujourd’hui, un passage obligatoire par le compte courant est imposé. Concrètement, il faut d’abord retirer les fonds du premier livret d’épargne, créditer son compte courant personnel, puis effectuer un nouveau versement vers le second livret choisi. Cette étape supplémentaire peut sembler fastidieuse mais elle répond à une logique de sécurisation des transferts entre livrets d’épargne et permet d’assurer une meilleure traçabilité. Pour les opérations telles que des dons en argent qui intéressent parfois les particuliers, il existe également certains moments spécifiques durant lesquels des dispositions particulières s’appliquent en matière fiscale, comme expliqué dans cet article sur la possibilité de donner de l’argent sans payer d’impôts pendant une période définie .

Quels livrets sont concernés par cette interdiction ?

Tous les comptes d’épargne réglementés sont visés par ces nouvelles restrictions : le livret A, le LDDS (livret de développement durable et solidaire), le LEP (livret d’épargne populaire) et le Livret Jeune. Les comptes sur livret fiscalisés et les comptes à terme suivent également cette règle stricte. La polyvalence des anciens mouvements inter-livrets a donc disparu dans l’offre bancaire actuelle.

Cette décision, encouragée par le ministère de l’Économie, vise à combler un vide juridique révélé en 2018. Avant cette date, certaines banques proposaient encore des passerelles directes entre livrets. Désormais, les opérations interdites s’appliquent à tous, quelle que soit la banque.

Pourquoi imposer un passage par le compte courant ?

À première vue, ce passage obligatoire par le compte courant peut paraître contraignant, voire inutile. Pourtant, ce choix vise essentiellement à renforcer la vérification du bénéficiaire lors de chaque transfert. En faisant transiter tous les mouvements par le compte principal du client, la banque augmente la traçabilité et réduit considérablement les risques de fraudes ou d’erreurs.

Ce dispositif protège aussi contre les litiges : auparavant, un virement direct entre livrets, non formellement encadré, pouvait laisser un client sans recours en cas de piratage ou d’anomalie. Grâce à ces règles bancaires strictes, les tentatives de contournement deviennent quasi impossibles et la sécurité globale s’en trouve renforcée. À ce titre, il est intéressant de noter que l’accès à l’épargne, ou aux allocations sociales, influence différemment la préparation à la retraite selon les parcours de vie, comme pour ceux ayant perçu le RSA sur le long terme ; vous pouvez en savoir plus sur l’impact du RSA sur le montant de la retraite .

Les autres opérations interdites sur les comptes d’épargne

Au-delà de l’impossibilité de faire des virements entre comptes épargne détenus par la même personne, d’autres limitations importantes existent. Par exemple, les transferts entre livrets appartenant à des personnes différentes sont désormais systématiquement bloqués, sauf exceptions bien précises.

Il n’est ainsi plus autorisé de créditer directement le livret A d’un tiers ou de retirer de l’argent d’un compte épargne pour l’envoyer à un autre bénéficiaire adulte. Ces mesures sont pensées avant tout pour lutter contre la fraude et prévenir le blanchiment d’argent, en limitant les circuits opaques.

Existe-t-il des exceptions à ces règles ?

Des exceptions demeurent, notamment pour les enfants mineurs. Lorsqu’un parent détient la responsabilité légale d’un enfant, la banque autorise encore certains mouvements sur le livret jeune ou d’autres comptes d’épargne familiaux, à condition de respecter des critères précis. Cela garantit l’alimentation des comptes des plus jeunes sans enfreindre la réglementation.

En dehors de ce cadre familial, tout transfert doit obligatoirement passer par un compte courant individuel. Même les virements ponctuels ou permanents n’échappent pas à la règle. Les parents souhaitant alimenter le livret de leur enfant doivent donc suivre le schéma imposé par la banque, sans exception hors situation familiale reconnue.

Que se passe-t-il en cas de tentative de contournement ?

Si une personne tente un virement non autorisé entre livrets ou vers le compte d’un tiers sans respecter les procédures, la banque bloque automatiquement l’opération. Ces opérations interdites sont enregistrées informatiquement et ne peuvent être validées manuellement par la suite.

En cas de récidive, certaines banques peuvent restreindre temporairement l’accès aux outils numériques, voire exiger un entretien téléphonique avec un conseiller. Mieux vaut donc adopter les bonnes pratiques pour éviter toute mauvaise surprise liée à ces nouvelles règles bancaires strictes.

Impact de ces restrictions sur la gestion quotidienne de son épargne

Pour beaucoup, la principale conséquence réside dans la nécessité de repenser sa gestion. Là où un transfert immédiat entre livrets d’épargne semblait naturel, il faut dorénavant anticiper un délai supplémentaire, lié au double mouvement via le compte courant. Cela implique aussi de surveiller attentivement les flux entrants et sortants afin de ne pas dépasser les plafonds réglementaires, notamment ceux du livret A ou du LDDS.

Concrètement, cela demande parfois une organisation minutieuse, surtout lorsque plusieurs membres d’une même famille disposent de différents supports d’épargne. Chaque détenteur doit ainsi composer avec des procédures renforcées pour garantir la sécurité de ses virements et rester conforme aux exigences réglementaires actuelles.

  • Respecter le passage obligatoire par le compte courant avant tout transfert entre livrets
  • Ne jamais initier de virement direct d’un livret à un autre, même entre ses propres comptes
  • S’assurer de la conformité légale de tout transfert vers un tiers
  • Vérifier les plafonds de dépôts pour éviter que l’argent ne reste bloqué
  • Prendre contact avec sa banque en cas de doute sur une opération

Même si ces nouvelles règles bancaires strictes rendent la pratique bancaire moins souple, elles visent avant tout à renforcer la sécurité du système financier. Après quelques ajustements, ces formalités deviennent vite des réflexes pour gérer sereinement ses comptes d’épargne.

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